En 2024, les échanges extérieurs du Bénin ont montré de fortes variations saisonnières. Cette tendance, marquée par la dépendance au coton à l’exportation et au riz à l’importation, souligne la nécessité de poursuivre la diversification économique pour renforcer la résilience du pays et soutenir sa croissance à long terme.
Aké MIDA
Au cours des quatre derniers trimestres, les exportations du Bénin ont enregistré une évolution irrégulière. Les ventes à l’étranger, corrigées des variations saisonnières, se sont élevées à 158,1 milliards F Cfa au quatrième trimestre 2024, contre 199,0 milliards F Cfa à la même période de l’année précédente, soit une baisse de 20,6 %, selon l’Institut national de la statistique et de la démographie (Instad). Les achats à l’étranger, corrigés des variations saisonnières, ont également diminué de 18,0 % en glissement annuel, s’établissant à 499,9 milliards F Cfa pendant le trimestre sous revue.
Le dernier Bulletin trimestriel des statistiques du commerce extérieur de l’Instad indique que cette baisse des exportations est principalement attribuable à la réduction des ventes de coton non cardé ni peigné (-13,5 points de pourcentage) et de fèves de soja (-13,4 points de pourcentage).
En comparaison avec le trimestre précédent, les exportations ont progressé de 4,1 %. Cependant, certains produits stratégiques ont enregistré des baisses notables, tels que les graines et fruits oléagineux, le coton, ainsi que les autres graisses végétales fixes. Cette tendance s’inscrit dans une dynamique de recul plus large observée tout au long de l’année.
Malgré cette tendance à la baisse, le coton reste le principal moteur des exportations béninoises, représentant 33,6 % de la valeur totale des exportations du quatrième trimestre, soit un chiffre d’affaires de 38 milliards F Cfa pour 34 462 tonnes expédiées. Les graines et fruits oléagineux, les tourteaux et résidus solides ainsi que les fruits à coque comestibles figurent également parmi les principaux produits exportés.
Des importations en berne
Quant aux importations, elles ont diminué de 7,4 % au quatrième trimestre 2024 par rapport au trimestre précédent, avec des baisses notables pour le riz semi-blanchi (-4,5 points), le bitume de pétrole (-1,1 point) et les constructions et parties de constructions (-0,8 point).
Les importations sont dominées par le riz semi-blanchi, qui représente 27,1 % de la valeur totale des achats extérieurs. Les huiles de pétrole et les médicaments complètent le trio de tête des produits les plus importés.
L’Inde demeure le principal fournisseur du Bénin, avec des exportations à destination du pays portant principalement sur le riz, les produits pharmaceutiques et les équipements électriques.
A l’exportation, le Bangladesh se positionne en tête des partenaires commerciaux du Bénin, absorbant 33,6 % des expéditions, principalement en raison des achats de coton. Le Danemark arrive en deuxième position avec 26 %, suivi par l’Inde avec 6,5 %. A l’échelle régionale, le Nigeria reste le principal client du Bénin dans l’espace Cedeao, avec 49,4 % des exportations dirigées vers ce pays.
Face à ces tendances, le renforcement de la transformation locale des matières premières, notamment du coton et du soja, au sein de la zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), contribuerait à accroître la valeur ajoutée des exportations et à limiter la dépendance aux fluctuations des marchés mondiaux. Le développement de l’agro-industrie et des produits manufacturés pourrait aussi diversifier les sources de revenus du pays.
Il est également crucial de stimuler la production locale de denrées stratégiques, comme le riz, afin de réduire la facture extérieure et renforcer la souveraineté alimentaire du Bénin. La mise en place de nouveaux accords commerciaux avec des partenaires régionaux et internationaux serait aussi un levier important pour stimuler les échanges et sécuriser les débouchés.

Les échanges commerciaux du Bénin enregistrent une forte baisse au quatrième trimestre 2024, impactés par la chute des exportations de coton et de soja ainsi que par le ralentissement des importations de riz et de produits pétroliers.