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Le Bénin dans la politique de l’autruche ?

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Les cryptomonnaies ou cryptoactifs font l’actualité dans les milieux financiers et bancaires mondiaux. Entre méfiance et adoption par les Etats, les cryptomonnaies font désormais incursion dans la vie des citoyens, dans un monde devenu un village planétaire, du fait de la révolution technologique. A l’image des Etats-Unis, du Canada, du Venezuela, plusieurs pays africains ont affiché leur position en faveur des cryptomonnaies. Mais le Bénin continue d’observer une politique de l’autruche.

Pour ou contre les cryptomonnaies ? Aucune source officielle béninoise ne se prononce sur l’évidence des cryptomonnaies qui, pourtant, envahissent le monde. Avec le développement de l’internet, il est que beaucoup de Béninois s’informent et peut-être, coopèrent avec des personnes avisées sur les questions de cryptomonnaie. Il s’agit de monnaies virtuelles sécurisées par la cryptographie. De ce fait, elles sont presque infalsifiables. La plupart des cryptomonnaies sont des réseaux décentralisés basés sur la technologie « blockchain ». Il s’agit d’un grand livre distribué au sein d’un large réseau d’ordinateurs. Ainsi, chaque machine détient une partie infime de l’information, et c’est la combinaison de toutes qui assure l’authenticité de ce grand livre. La particularité des cryptomonnaies réside dans le fait qu’elles sont des monnaies numériques qui ne sont sous le contrôle d’aucune Banque centrale. A la date du 9 mai 2021, le site de référence « CoinMarketCap », renseignait qu’il existe 5.023 cryptomonnaies dans le monde pour une valeur de 2.031 milliards d’euros. Le marché des cryptomonnaies est dominé principalement par le Bitcoin qui vaut 876,6 milliards d’euros. Le Bitcoin est suivi par l’Ethereum qui pèse 410,5 milliards d’euros. Ces deux premiers cryptoactifs représentent près de deux tiers de la valeur totale du marché des cryptomonnaies.

 

Recours des banques américaines aux « cryptomonnétistes »

Les grandes banques américaines ont recours à des milliers d’experts en cryptomonnaies avec un traitement salarial conséquent. Les informations publiées par le site Revelio, montrent que les banques et les sociétés financières, notamment Goldman Sachs, Fidelity, JPMorgan Chase et Wells Fargo, ont augmenté leurs personnels de 1.000 emplois avec le mot « crypto » dans la description des CV au cours des trois dernières années. La banque Goldman Sachs a embauché 82 professionnels de la crypto, la Wells Fargo 74, la banque Fidelity 68 et JPMorgan bank a embauché 63, selon le site Bloomberg. La même source, citant des données de Johnson Associates, indique qu’un poste lié aux cryptomonnaies a bénéficié d’une augmentation de salaire de 20 à 30% en comparaison à un autre poste équivalent, au même échelon dans le secteur. Les postes de direction dans ce domaine ont reçu une augmentation de 50%. Les augmentations pour les experts en cryptographie sont d’environ 9%, selon le site Revelio. Le Bitcoin, l’une des cryptomonnaies les plus en vue, a atteint des sommets historiques proches de 67.000 dollars soit 58.000 d’euros en octobre 2021.

Top 5 des cryptomonnaies en Afrique

L’Agence « Ecofin » informe que l’adoption des cryptomonnaies s’accroit en Afrique. Le Bitcoin, l’Ethereum et les autres ne cessent de gagner en popularité dans plusieurs pays du continent. Cinq nations mènent le peloton. Les scores de chaque pays dépendent de trois paramètres que sont la valeur des cryptomonnaies reçues, celle du commerce de détail transféré et le volume d’échange Pair-à-pair (ou peer-to-peer : p2P). Le Kenya est le pays africain où les cryptomonnaies sont le plus adoptées. Tout juste derrière ce pays, on retrouve le Nigéria qui était déjà selon les estimations datant de mars 2021, le 3ème pays utilisateur de cryptomonnaies après les Etats-Unis et la Russie. Le Nigéria est d’ailleurs le premier pays africain à lancer récemment une monnaie numérique, appelée eNaira. Voir la première économie africaine en bonne place dans ce classement n’est donc pas étonnant, et la donne ne devrait pas changer à court terme. Selon plusieurs sources concordantes, le volume des transactions P2P de Bitcoin y a augmenté au premier semestre 2021 pour atteindre environ 204 millions de dollars. Les autres pays de ce top 5 comprennent le Togo, l’Afrique du Sud et le Ghana.

 

 

La régulation du Bitcoin dans l’espace UEMOA

Les cryptomonnaies sont aujourd’hui au cœur de toutes les discussions. Ces devises numériques suscitent en effet l’intérêt de nombreux gouvernements. Si certains grands pays comme les États-Unis, le Japon ou encore Israël, les ont déjà adoptées, d’autres hésitent encore à les utiliser ou même l’interdisent. Les Banques centrales du monde entier cherchent les moyens de maîtriser ces cryptomonnaies, mais leurs tentatives ne font pas encore l’unanimité. Leur régulation préoccupe les autorités monétaires africaines. Parmi ces cryptomonnaies, le Bitcoin apparaît comme étant le plus médiatisé et le plus valorisé. Plus de 1.300 actifs de ce type ont été recensés en 2018 dans le monde. D’où l’intérêt de cette étude qui fait l’analyse de ces cryptomonnaies à l’aune de la régulation dans l’espace UEMOA.

Les perspectives de la BCEAO

La cryptomonnaie qui a connu un boom durant ces derniers jours intéresse de plus en plus le secteur Bancaire. Ce qui a poussé la BCEAO à des réflexions pour une possible émission de monnaie digitale. La révélation a été faite par Gisèle Keny Ndoye, directrice de l’inclusion financière au sein de la BCEAO qui informe que « Cette question est sur toutes les tables des Banques centrales, à la BCEAO nous en sommes à des réflexions préliminaires sur cette question. » Selon Mme Ndoye, la BCEAO veut se donner le temps de faire des recherches sur cette nouvelle donne dans le système financier international et voir comment on peut l’adapter dans le cadre de la sous-région UEMOA. Les raisons de lancer une monnaie digitale en Afrique de l’ouest, tout comme dans de nombreux pays africains, sont nombreuses. D’une certaine façon, les conditions d’un lancement réussi d’une monnaie digitale sont déjà réunies dans la sous-région. Selon des données de la BCEAO, le taux d’accès des populations à la monnaie électronique, émises à travers les opérateurs de téléphonie mobile notamment, est passé de 11,1% en 2014, à 39,6% à la fin 2019. Ce seuil était déjà en avance sur le taux cible qui était de 37,7% pour la fin de l’année 2020. Aussi, à la fin juin 2020, 98 millions de transactions ont été opérées sur la monnaie électronique, pour une valeur globale de 1619,4 milliards de francs CFA. Manipuler des unités monétaires sur son téléphone portable et le système de support qui va avec, est une réalité qui se renforce dans la zone UEMOA et cela constitue des préalables positifs pour l’émission de monnaie digitale. Selon des informations de l’Agence Ecofin, des banques comme la nigériane United Bank for Africa, seraient favorables à cette option, et encouragent les autorités monétaires dans ce sens, en Afrique centrale ou de l’est. De même, la monnaie digitale viendrait résoudre un phénomène bien connu dans la zone UEMOA et en zone CEMAC sous le prisme de l’exclusion monétaire. Des experts ont fait remarquer que, lorsqu’un usager entre dans une banque, il effectue souvent ses retraits, dans des coupures qui vont de 5000 Francs CFA à 10 000 Francs CFA. Cela ne facilite pas toujours les achats auprès de petits vendeurs, qui n’ont pas le change pour des achats à 200 Francs ou à 500 Francs. Avec la monnaie digitale ce problème serait évacué, et davantage de petits travailleurs entreront dans le circuit financier. Enfin, l’émission d’une monnaie digitale serait un pas de plus vers la souveraineté monétaire qui est demandée par une partie des opinions publiques de l’UEMOA. Car, la sous-région n’aurait plus besoin de produire ses signes monétaires à la Banque de France, mais localement à travers les institutions habilitées. Cela permettrait de réduire également les coûts de la circulation d’argent. Mais la mise en place d’une monnaie digitale peut se heurter à des défis. Selon Mme Ndoye, il faudrait déjà que les Etats soient au même niveau de dématérialisation et de digitalisation. De nombreuses analyses s’accordent à dire que les avancées en termes de numérisation impliquent de prendre conscience de nouveaux risques comme ceux de la cybersécurité. Une parfaite maitrise des technologies de blockchain sera également déterminante.

La CEDEAO distingue le Burkina Faso

Consciente des enjeux que représente la monnaie virtuelle, notamment le Bitcoin, pour les pays de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO tient à informer au mieux ses députés. C’est pourquoi son Parlement communique largement auprès de tous ses membres. L’une des dernières actions en date, a été une grande conférence auprès des députés de la CEDEAO. Elle s’est déroulée sur 5 jours à Ouagadougou. Et son thème a été suffisamment explicite : « La cryptomonnaie comme facilitatrice du commerce communautaire en Afrique de l’Ouest ». Par ce biais, et via ses autres opérations d’information et de sensibilisation, la CEDEAO espère inciter ses pays membres dont le Burkina Faso à mieux tirer avantage des atouts du Bitcoin. Dans les pays où la monnaie fiduciaire peut être problématique, peu stable, trop dépendante des gouvernements ou peu acceptée par d’autres puissances économiques, les cryptomonnaies fournissent une alternative intéressante. Et le Burkina Faso, sous l’égide de la CEDEAO se positionne en pionnier. A titre d’illustration, 1 franc CFA vaut moins de 1 centime d’euro : 0,0015 €. Or, un Bitcoin vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros. En utilisant des monnaies virtuelles comme le Bitcoin, les professionnels et les particuliers Burkinabé pourront augmenter leur pouvoir d’achat. Cela vaut aussi bien dans le cas du commerce communautaire en Afrique de l’Ouest, comme le valorise la CEDEAO. De plus, le bitcoin – comme toutes les autres monnaies numériques – est décentralisé. Il ne dépend donc pas d’un gouvernement ou d’une quelconque institution. Il offre ainsi une autonomie et une indépendance à ses utilisateurs. Cet atout est apprécié par de nombreux consommateurs du Burkina Faso et des autres pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi par les commerçants. Il échoit alors au deuxième Vice-président du Parlement de la CEDEAO, Malam Chaibou Boucary d’affirmer que : « Si nous discutons de cryptomonnaies, nous discutons en réalité de l’avenir (…) des besoins fondamentaux pour nos citoyens ».

 

 

Encadré : Principes de fonctionnement des cryptomonnaies

Une cryptomonnaie repose sur une blockchain, un registre distribué (ou grand livre de comptes), consultable par tous, qui répertorie l’ensemble des actions du réseau depuis l’origine. Les informations à ajouter sont appelées transactions, et sont groupées dans des blocs. Une transaction peut par exemple être un transfert de cryptomonnaie d’une personne à une autre. Les acteurs du réseau, appelés nœuds, possèdent, stockent et vérifient leurs propres versions de la chaîne, depuis le tout premier bloc (appelé bloc genèse). Une blockchain est considérée comme valide lorsqu’il est possible de la vérifier totalement en partant du bloc genèse. Comme il n’y a pas d’autorité centrale ou de tiers de confiance, le système est dit décentralisé. Pour garantir l’immuabilité de la chaîne, c’est-à-dire qu’il n’y a pas eu de modification dans un ancien bloc, ceux-ci sont chainés entre eux par des fonctions cryptographiques de hachage. Chaque nœud étant en réalité un ordinateur connecté au réseau par internet, le système n’est pas en temps réel car il peut y avoir des temps de latence importants lors de l’envoi ou la réception de transactions et blocs à travers le réseau. Dans le cas où différentes versions d’une même chaine existe, la règle est de choisir la chaine valide la plus longue.

 

Ndr : Selon un nouveau rapport d4elliptic, depuis le début de 2021, la somme perdue en cryptomonnaies s’élève à 6090 milliards FCFA contre seulement 870 millions FCFA durant l’année 2020. (Cf l’économiste du Bénin n°2051, 2 décembre 2021 Cotonou).

 

 

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