Le Journal des Décideurs

4 salariés sur 10 en dessous du SMIG dans le privé

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Les résultats de l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel (ERI-ESI) réalisée par l’Institut National de la statistique et de l’analyse économique (Insae) indiquent qu’au Bénin, plus de quatre travailleurs sur dix gagnent en dessous du 2/3 du salaire médian.
Falco VIGNON
En matière de rémunération, au Bénin, plus de quatre travailleurs sur dix, soit 41% perçoivent un bas salaire en dessous du 2/3 du salaire médian, selon le rapport de l’Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel de l’Insae. Les résultats de l’enquête réalisée en 2018 précisent que ce niveau de bas salaire frappe toutes les catégories de travailleurs. Mais, le niveau de bas salaire diminue avec la qualification de la main d’œuvre. La proportion passe de 51% chez aides familiaux à 15% chez les salariés. Selon le statut socioprofessionnel, cette proportion passe de 95,3% chez les apprentis ou les stagiaires payés à 5,7% chez les cadres supérieurs, ingénieurs et assimilés. Toujours selon, l’enquête publiée en décembre 2019 par l’Insae, 12,7% de la main d’œuvre perçoivent un revenu moyen inférieur au Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Plus de la moitié des apprentis/aides familiaux (50,6%) perçoivent un revenu moyen inférieur au SMIG et cette proportion est de 9,83% chez les travailleurs indépendants, 9,93% chez les travailleurs installés à leur propre compte et 13,32% chez les salariés. Selon le statut professionnel, ce sont les apprentis ou stagiaires payés qui sont les plus frappés (95,3%), suivis de manœuvres (30,4%) et des ouvriers semi qualifiés (10,8%). Cette proportion diminue lorsque le niveau de qualification des travailleurs augmente.
Les données des résultats de l’enquête de l’Insae renseignent que le revenu moyen dans le secteur informel est très faible (23 035 FCFA) et largement en dessous du SMIG (40 000 FCFA) dans tous les secteurs d’activités. Ce revenu est légèrement supérieur dans les services (27.795 FCFA) que dans le commerce (23.498 FCFA) ou l’industrie (18 156 FCFA). En milieu rural, le revenu moyen mensuel est de 24 443 FCFA dans les services, 21 849 FCFA dans le commerce et 15 574 FCFA dans l’industrie. Dans d’autres villes urbains les revenus suivent la même tendance : 31 991 dans les services, 24 630 FCFA dans le commerce et 20 068 FCFA dans l’industrie.
Toutefois, la tendance est inversée à Cotonou : on y gagne 33 765 FCFA en moyenne par mois dans l’industrie, 24 819 FCFA dans le commerce et 20 823 FCFA dans les services selon les résultats de l’enquête. Cependant, le secteur commercial est apparemment plus rentable que les autres. En effet, le revenu horaire dans le commerce est de 316 FCFA contre 279 FCFA dans les services et 274 dans l’industrie ; cette configuration est induite par la tendance des revenus dans les autres urbains. L’analyse des statistiques montre qu’en milieu rural comme à Cotonou, par heure, les activités industrielles sont mieux rentables que le commerce ou les services.
Selon le genre, les hommes ont un revenu moyen mensuel plus d’une fois et demi élevé (31 495 FCFA) que les femmes (18 203 FCFA). On note que les hommes consacrent plus de temps que les femmes aux activités et plus aussi un revenu horaire plus élevé.

Le niveau d’instruction a un impact positif sur les revenus

Les travailleurs ou entrepreneurs ayant un niveau d’étude supérieur gagnent 34 119 FCFA en moyenne par mois contre 31 191 FCFA pour ceux du secondaire, 20 888 FCFA pour le primaire et 21 402 FCFA pour ceux qui n’ont aucun niveau. Par ailleurs, dans les milieux où le secteur informel est très prépondérant en matière d’utilisation de la main d’œuvre cette dernière vit dans une situation de précarité marquée par un taux élevé de bas salaire.

L’auto-emploi, une fausse solution au chômage
Les résultats de l’enquête traduisent une organisation de travail fortement polarisée sur l’auto-emploi. Plus de huit UPI sur dix (80,9%) ont cette forme d’organisation qui mérite une assistance des pouvoirs publics, au risque d’être une fausse solution au solution. L’auto-emploi est assez prononcé à Cotonou (88,3%) et un peu moins dans l’industrie (71%). Ensuite la forme de travail non rémunéré vient en seconde position et le niveau le plus élevé est observé dans l’industrie (22,6%). Le taux de salarisation qui est la part de l’emploi salarié dans l’ensemble des emplois (ratio rapportant le nombre de salariés au nombre total d’actifs des UPI est très faible (2,7%). Par secteur d’activités, le taux de salarisation est globalement plus important dans le secteur de l’industrie (5,2%) et en milieu urbain (3,2%), notamment à Cotonou (4,2%). Quatre formes d’organisation du travail des UPI sont mises en évidence dans cette étude : l’auto-emploi où la main-d’œuvre est constituée uniquement de travailleurs à compte propre et des associés ; la forme non-salariale qui n’emploie aucun salarié ; la forme salariale pour laquelle la main-d’œuvre est constituée uniquement de salariés (le dirigeant mis à part) et enfin, la forme mixte qui comprend au moins un salarié et un non salarié parmi les emplois dépendants de l’UPI. Par ailleurs, ces résultats de l’Insae, montrent comment le marché de l’emploi au Bénin est organisé bien que beaucoup d’efforts soient faits pour l’employabilité des jeunes.

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