Le Journal des Décideurs

Un revenu pour le plein emploi en Afrique

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Pour véritable développement de l’Afrique plusieurs défis sont à relever. Au nombre de ces défis figurent  la monnaie de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf). Une tribune libre de DR François Kouadio, Ancien Fonctionnaire International et diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de Paris fait des propositions aux décideurs du continent africain.

L’accord portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) s’inscrit dans l’agenda des Etats Membres de l’Union Africaine (UA), leurs aspirations ainsi énoncées indiquent qu’à partir de 2063 sera créé un marché continental de 1,2 milliard de consommateurs, avec la libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des services « qui sont essentiels pour le renforcement de l’intégration économique, la promotion du développement agricole, la sécurité alimentaire , l’industrialisation et la transformation structurelle économique».

Fondement de la Monnaie ZLECAf

La  relance économique post COVID-19, voire les solutions proposées sous forme de modèle économique ou de société, par divers experts à travers le monde entier, n’accorde guère une place à l’aspect Spirituel de l’homme. Cependant que : « chacun reçoit le don de manifester l’Esprit (de Dieu) en vue du bien de tous » (Sainte Bible 1Corinthiens 12 :7). Nous sommes de plain-pied dans la dynamique de la mission pour l’homme de pratiquer un amour parfait, le modèle de vie proposé par Dieu lui-même. Aime ton Dieu Créateur et ton prochain. De la sorte que la peur et le refus d’accepter l’autre deviennent des signes d’ignorance de l’action de l’unique Esprit dans chaque personne. Il appartient à chacun d’être docile et attentif et de suivre les inspirations de l’Esprit Saint, pour vivre son charisme particulier avec joie et paix pour le prochain. Certains « refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques » (Sainte Bible 2Timothée4:4). Mais la vérité est que toute créature de Dieu, tout homme, a reçu une mission, celle d’être utile dans la vie humaine ; contrairement au système libéral et d’idolâtrie de l’argent, en vigueur dans notre monde globalisé, lequel a créé des pauvres, des sans-emplois, des sans-abris, des laissés pour compte. Un revenu pour le Plein Emploi découle de ces considérations spirituelles et aussi économiques, notamment le rôle de l’argent, de la monnaie. Il ne s’agit pas de prétendre détenir, in fine, la solution. Car, seul Dieu est Vérité. Que la grâce, de Dieu source de vie, s’accomplisse en ce temps si mystérieux de crise sanitaire du coronavirus, dans la faiblesse humaine. (2Corinthiens 12,9).

Les experts en développement savent ce qu’est « la monnaie hélicoptère », dont l’auteur est le Professeur Milton Friedman, prix Nobel 1976, chef de l’école monétariste de Chicago. La monnaie hélicoptère sert, dans les situations particulières, à financer tous azimuts les économies occidentales en crise, avec la possibilité d’effacer, à terme, les dettes. Les mécanismes de relance économiques post-COVID-19 en France « Plan de relance France de 100 milliards d’euros » et aux Etats-Unis attestent l’utilisation, à titre exceptionnel, de la monnaie hélicoptère, sous ses aspects variés.

La monnaie ZLECAf proposée, n’est pas une création de monnaie pour la spéculation ou même pour rejeter indirectement les règles budgétaires d’orthodoxie financière. Dans la rigueur, la monnaie ZLECAf permet de créer et de financer les entreprises multinationales africaines, de rétablir des secteurs dits stratégiques détruits, à tort par les institutions de Bretton Woods (l’ajustement structurel), de promouvoir rationnellement une intégration africaine sur des bases de programmation concertée, à la fois stratégique, industrielle, financière et structurelle. C’est la confirmation politique de créer un marché africain d’échange intra-continental au sein d’un système libéral qui ne maitrise pas la globalisation fragilisée par la crise sanitaire du coronavirus et les problèmes écologiques à ne plus banaliser, dans un monde sans système Monétaire International digne de celui d’après la deuxième guerre mondiale, et surtout sans une véritable gouvernance concertée, dans la gestion de l’économie mondiale : un multilatéralisme rejeté par les Etats-Unis, approuvé par l’Union Européenne, la Chine, la Russie, l’Angleterre et le Canada, dans un concept varié et fondé sur les intérêts de ces pays ou groupes d’Etats. Tandis que les structures des Nations Unies (ONU) sont désormais obsolètes et inefficaces du fait que les cinq membres Permanents du conseil de Sécurité ne reflètent plus la configuration du monde  globalisé multipolaire et non bipolaire.

C’est dans cette nouvelle perspective que les Etats africains devraient renforcer les mécanismes de l’intégration africaine et jouir de l’efficacité pleine des institutions fédérales créées et accélérer la création de celles qui rétabliront les membres de l’UA dans l’exercice total de leur souveraineté nationale et, comme Etat fédéral et, non des Etas-Nations exposés aux influences extérieures. Cette stratégie doit permettre une bonne utilisation de tous les moyens dont disposent les Etats parties de la ZLECAf en proposant aux occidentaux et au reste du monde, ses propres règles et ses critères et normes de bonne gouvernance adaptés aux économies africaines. C’est un choix politique, à défendre, visant à hisser l’Afrique à un haut niveau de développement humain, de progrès économique et social bénéfique aux populations quel que soit le niveau de développent de chaque pays de l’Union Africaine.

En prélude à un monde post covid-19, à déglobaliser rationnellement, chaque pays devrait produire l’essentiel de ses besoins fondamentaux en assumant une souveraineté partagée avec les autres pays de l’union Africaine. Car, il s’agit d’établir dans la douceur, une société de paix, de justice et d’amour entre les hommes. Cette expérience doit commencer par l’Afrique plus apte par ses populations et plus exposée du fait des multiples crises notées depuis les Indépendances. Cependant, ce n’est ni l’uniformisation de la société africaine, ni la recherche d’une société parfaitement égalitaire. C’est appliquer progressivement une nouvelle convention de vie, un modèle de société de compassion : un Revenu pour le Plein Emploi (RPE) permettra de réduire les inégalités sociales et, valorisera la personne humaine. Il permet de maitriser les spéculations financières et autres. Selon « Financial Afrik » du 25 Juin 2020, 224 milliards de dollars quittent chaque année l’Afrique, au titre de l’évasion fiscale, soit une perte de 7100 dollars par seconde. C’est également l’imposition des fortunes et des patrimoines. Une priorité, c’est financer l’économie réelle, c’est-à-dire les biens essentiels de première nécessité, par tranches d’âges, laissant à chaque citoyen de progresser, à sa convenance, dans une autre catégorie sociale sous le contrôle d’un Etat régalien mais, dans une mission de compassion et de véritable régulation de la société, afin d’éviter en perspective un affrontement entre les classes sociales. Ainsi, dans une stratégie consensuelle, l’Etat accompagne le marché, l’Etat conduit le marché.

Tout financement de l’économie réelle n’est pas une source d’inflation et ignore l’existence de dettes. La notion d’économie réelle découle des besoins fondamentaux promus par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en 1976, comme objectif à atteindre à la fin du siècle, l’insatisfaction de ces besoins essentiels rend impossible le développement humain. Ces besoins fondamentaux sont notamment, la nourriture, la santé, le logement, l’accès à l’eau potable, l’éducation de base, avec quelques différences d’appréciation, selon le niveau de développement des pays.

Cette proposition n’est-elle pas une utopie ou même dangereuse ? C’est pourquoi nous associons à la monnaie ZLECAf, l’examen des performances des Institutions d’Intégration Africaine, les Communautés Economiques Régionales (CER), en rappelant l’utilité d’une Banque centrale et, la place de la balance des paiements dans la définition d’une politique nationale en adéquation avec une politique régionale et/ou africaine d’intégration.

Dans la pratique, qu’est-ce qu’une Banque Centrale ? Une banque centrale a de nombreuses fonctions dont son rôle d’organisme financier et de crédit du (ou des) gouvernement (s). Elle détient et/ou gère les réserves d’or et de devises du pays. Elle détient une partie des réserves du système bancaire, elle a le monopole de l’émission des billets de banque. Elle peut réglementer le crédit. Toute banque centrale est considérée comme la Banque des Banques, « le prêteur en dernier ressort », c’est-à-dire celui qui a la possibilité, lorsque toutes les autres procédures ont échoué et, quelle que soit la réglementation, en vigueur, de refinancer les Institutions financières ou l’Etat pour prévenir tout risque du système et éviter les défaillances majeures susceptibles de remettre en cause la confiance dans la monnaie. La qualité de prêteur en dernier ressort permet à l’Institut d’émission, soit d’effacer ses créances dans son bilan soit, de réclamer leur remboursement. Au total, il faut retenir que c’est un financement politique et intelligent et par la planche à billets. Seuls les Etats ou Fédérations disposant d’un pouvoir politique fort avec une économie suffisamment prospère, confèrent une telle mission à un Institut d’Emission.

C’est ce qui justifie en Afrique, la nécessité de créer une banque fédérale d’émission monétaire. En vérité, les Etats africains qui n’exercent pas toutes les prérogatives relevant  pourtant de leur souveraineté, utilisent plutôt les monnaies étrangères pour financer leurs importations. Or, une Banque Centrale Fédérale leur apporte une pleine garantie, en ce qui concerne le pouvoir de battre monnaie : la volonté politique et les règles communes de la bonne gouvernance constituent la clé pour posséder une monnaie de souveraineté. (cf ,l’Economiste du Bénin, n°1666,26 mai 2020) .

Score moyen des CER

L’Union Africaine regroupe 08 Communautés Economiques Régionales (CER).

Le traité de la Communauté Economique Africaine (CEA), une organisation de l’Union Africaine, a été signé lors du 27ème sommet de l’OUA à ABUJA, au Nigéria, le 03 Juin 1991, et entré en vigueur en 1994, apparait comme une institution mère des 08 CER : sa mise en place s’étale sur une période de transition de 34 ans, en 06 étapes. La dernière étape durera au maximum 05 années et, elle consistera à la mise en place des structures fonctionnelles nécessaires à l’unité africaine notamment les Institutions Fédérales : le Fonds Monétaire Africain (FMA), la Banque Centrale Africaine, la Monnaie Unique, le Parlement Africain et la libre circulation totale des personnes, des biens, des capitaux, et des services, ainsi que l’application effective des droits de résidence et d’établissement.

Un fouillis face aux obstacles des CER

Les cinq dimensions de l’indice dans les Communautés Economiques Régionales (CER), révèlent qu’en 2016 les scores les plus élevés concernent l’intégration commerciale (0,540) et les scores les moins élevés sont relatifs à l’intégration financière et macroéconomique (0,381) pour les CER.

Les scores de l’Afrique, au titre de 2019, sont dans l’ordre : libre circulation (0,441), intégration macroéconomique (0,399), intégration commerciale (0,382), intégration des infrastructures (0,220) et intégration productive (0,201).

« Les scores sont calculés sur une échelle de 0 (absence totale d’intégration) ; à 1 (parfaite intégration) », précise l’étude conjointe CEA-CUA et BAD.

 

Test de performance des CER

CER Dimension la plus élevée, réalisée Dimension la plus faible, constatée
SADC

CEDEAO

CEEAC

IGAD

CAE

CEN-SAD

COMESA

UMA

Libre circulation des personnes: 0,490

Libre circulation des personnes: 0,733

Intégration macroéconomique:  0,684

Libre circulation des personnes: 0,540

Libre circulation des personnes : 0,664

Libre circulation des personnes : 0,508

Intégration commerciale :            0,445

Intégration macroéconomique:   0,571

Intégration des infrastructures: 0,214

Intégration productive:              0,220

Intégration productive:              0,323

Intégration productive:              0,321

Intégration productive:              0,434

Intégration productive:              0,256

Intégration des infrastructures : 0,317

Libre circulation des personnes : 0,438

 

Il ressort de ce test de performance des CER que les progrès de 2016 à 2019 sont faibles au sein des communautés Economiques Régionales. Mais, la véritable surprise tient au fait que, contrairement à l’image d’une intégration de succès total pour l’Ouest africain, en Afrique centrale, la CEEAC, malgré une libre circulation des personnes encadrée, réalise une performance meilleure à celle de la CEDEAO. Toutefois on note, en 2016, que « la part des échanges intra régionaux des CER dans le commerce total en Afrique, les niveaux d’intégration étaient de 56,7% dans la CEDEAO contre 17,7% dans la CEEAC ».

Les scores et classement selon cette même étude conjointe CEA-CUA et BAD, 2019, pour chacune des dimensions de l’intégration régionale tous pays, précise que : « un pays affiche une forte performance (si) son score est supérieur au classement moyen ». Au titre du classement moyen, on note un score moyen de 0,327 (intégration régionale), 0,383 (intégration commerciale) et 0,201 (intégration productive). Ce qui est nettement insuffisant pour la norme définie par l’étude de l’Union Africaine. En outre, seuls environ 25 pays de l’UA peuvent être retenus comme « performants » au titre de chacune des dimensions de l’intégration considérée.

La rationalisation des Organisations Intergouvernementales (OIG) n’a pas totalement éliminé la profusion des CER et l’éparpillement des Etats : sur 53 pays d’Afrique concernés, seuls 6 sont membres d’une (1) communauté Economique, 26 de deux (2) et 20 d’au moins trois (3).

La commission de l’UA constate ce fouillis et cette faible intégration africaine consécutive à une volonté politique en sommeil. Et, comme la commission n’a pas le pouvoir de donner une véritable impulsion à l’organisation, en raison du caractère « Etats-nations » de l’Union Africaine, le continent africain peine toujours sur le chemin de son unité : la création d’un Etat unitaire, les Etats-Unis d’Afrique.

Tous les modèles politiques et économiques expérimentés ont échoué parce que, l’Afrique s’enferme encore dans une forme d’hésitation politique. Il n’existe point de condition optimale à remplir avant d’exercer la souveraineté des Etats qui se sont engagés depuis 1963 (création de l’OUA), a rendre fonctionnelles des Institutions Fédérales, en vue de construire un Etat Unitaire : les Etats-Unis d’Afrique.

Ce n’est certes pas facile, pour le continent, d’engager des réformes du fait des positions et avantages acquis par les occidentaux. Mais, doit-on s’y refuser à toute action comme ce fut le cas du blocage de la réforme du conseil de sécurité des Nations-Unies ?

Voici quelques constats notés par la CNUCED dans son rapport 2019 sur le développement économique en Afrique.

  • Depuis 2008, l’Afrique et l’Asie sont les seules régions au sein desquelles les échanges augmentent
  • Les échanges intra-Africains qui correspondent à la moyenne des exportations et importations intra-africaines se sont élevés à environ 15,2% du total des exportations de l’Afrique sur la période de 2015-2017, contre les échanges intracontinentaux en Amérique (47%), en Asie (61%), en Europe (67%) et en Océanie(7%).
  • Les exportations intra-africaines ont représenté 16,6%, en 2017, des exportations totales contre 68,1% pour les exportations intra-européennes, 59,4% pour les exportations intra-asiatiques, 55% pour les exportations intra-américaines.

Selon les statistiques de la CEDEAO, l’Europe représente environ 28% des exportations de la CEDEAO, les Amériques 40%. Tandis que les échanges Sud-Sud (avec Asie et Océanie), représentent 16% des exportations ; d’où les exportations CEDEAO vers le reste du monde se montent à environ 84% et 16%, intra-CEDEAO.

L’analyse des évolutions relevées indiquent que l’Afrique perd une grande partie de sa croissance, sa richesse inexploitée à l’optimum (100-16,6)=-83,4% et, la CEDEAO, comme CER, perd une part plus importante de sa croissance vis-à-vis du reste du monde (100-16)=-84%.

De nouvelles règles en rapport avec la balance des paiements.

La balance des paiements est surtout riche d’enseignement par son évolution plus que l’évolution des budgets nationaux des Etats adoptés par les Parlements, chaque année.

L’évolution de la balance des paiements doit être suivie avec une grande attention parce qu’elle permet d’apprécier dans quelle mesure et dans quel secteur de ses relations économiques et financières avec l’étranger le pays, d’une année sur l’autre, améliore ou détériore ses positions. L’Union Africaine devrait tirer des enseignements à cet égard.

En effet, les nouvelles règles dont il s’agit découlent de la structure économique de chaque pays partie de la ZLECAf, de son niveau d’engagement et de préparation à la mise en œuvre de la ZLECAF, des règles et/ou conventions internationales et surtout de l’efficacité des mécanismes d’intégration de l’Union Africaine.

L’exemple du Japon est édifiant. Après avoir protégé son industrie automobile, le pays du Soleil Levant a fini par pénétrer et prendre une position concurrentielle sur différents marchés extérieurs, dont celui des Etats-Unis. D’où cet impératif pour l’Afrique de parfaire son intégration afin de faire face à cette multitude d’obstacles que sont les Institutions de Bretton Woods, les pays industrialisés ayant des positions dominantes dans différents secteurs et, agissant par divers procédés à maintenir l’Afrique dans un schéma de développement-consommation, à l’avantage de l’Occident (Etats-Unis + Europe).

D’autres puissances « endormies » se présentant comme les meilleurs partenaires du Continent Afrique, sont aux aguets pour maintenir l’Afrique dans sa position de société de consommation dépourvue de rêve et de vision sur son développement.

Il conviendrait que les dirigeants africains expérimentent, avec grande sagesse, les négociations des souverainetés nationales dans une vision stratégique d’intérêt général pour le continent et de ses populations dans une pauvreté visible : c’est l’exigence entre autres décisions, d’accepter des formes de leadership consensuel. Ce qui permettra des planifications rigoureuses adoptées par consensus, en ce qui concerne les investissements, les localisations et autres choix de souveraineté, comme les marchés intra-africains et partant, la gestion en commun de certaines importations et exportations. Tout autre vision, surtout hégémonique, ou non consensuelle, serait suicidaire pour l’Afrique.

La valeur d’un cerveau, et le continent en dispose plusieurs, se mesure à sa capacité de découvrir le réel présent dans son contexte, mais aussi sa faculté d’anticiper non le rêve, l’illusion, mais le véritable réel à venir dans une prudence et une tolérance dans la prise de la décision et l’action. C’est ce qu’il faut maintenant à l’Afrique.

                                                                                    DR François Kouadio

  • Ancien Fonctionnaire International
  • diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes

                                                                       en Sciences sociales de Paris

                                                                                    COTONOU, 7 Juillet 2020 

 

 

 

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