Le Journal des Décideurs

Accès à l’information au Bénin 77% de la population écoute la radio

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Plus de trois-quarts  de la population soit (77%) ont régulièrement accès à l’information par radiodiffusion. Sur cet affectif, 51% en possèdent contre  26% qui vivent avec quelqu’un qui en détient. C’est du moins ce que renseignent les résultats une enquête de janvier 2019 du  réseau de recherche panafricain Afrobaromètre.

Abdul Wahab ADO

Au Bénin, la radio est la principale source d’information de la population. C’est ce que nous indiquent, les résultats de 2019 d’une enquête du réseau panafricain Afrobaromètre. En effet, la radio est sur le haut du podium au cœur de la  société béninoise, avec plus de six citoyens sur 10 (61%) qui disent s’y abreuver  chaque jour ou quelquefois par semaine. Les Béninois vouent un attachement à la radio. Plus de trois-quarts (77%) de la population y  ont régulièrement accès, dont 51% qui en possèdent une et 26% qui vivent avec quelqu’un  qui en possède. Un citoyen sur cinq (22%) n’en possède pas et n’a pas non plus le  privilège de vivre avec quelqu’un qui en a. La télévision quant à elle est la source  principale du tiers de la population (30%), et les réseaux sociaux suivent avec 14% de  fidèles, reléguant Internet (13%) et les journaux (10%) à la quatrième et la cinquième  place. La télévision à elle connaît un succès moins important selon les résultats de l’enquête. Presque la moitié (48%) des  Béninois y ont accès dont 28% qui en possèdent et 20% qui en bénéficient auprès d’un  proche. Un peu plus de la moitié (52%), cependant, n’ont pas le privilège de vivre dans une  maison avec téléviseur.

Pour ce qui est des outils permettant de recevoir l’information au Bénin, la radio vient  en tête avec la moitié (51%) des Béninois propriétaires d’un récepteur, suivie de la  télévision (28%) et du téléphone portable connecté à Internet (25%). Avec ou sans Internet, 78% de la population possèdent un téléphone portable. L’analyse des données montre que sur la durée, la télévision et la radio sont en perte de vitesse comme sources  d’information. De 2005 à 2017, la radio est passée de l’écoute de 78% des Béninois à  61%, soit 17 points de chute en 12 ans. La télé quant à elle va en dents de scie,  occupant l’attention de 25% du public en 2005 à 40% en 2011 pour redescendre à  30% en 2017. L’enquête de Afrobaromètre montre que les hommes sont plus assidus que les femmes en termes de quête  d’information, tous médias confondus. De même, l’analyse des résultats montre que la radio est le média le plus prisé par tous les groupes socio-démographiques mais à des niveaux assez différents. Les hommes sont  beaucoup plus accrochés aux ondes radio que les femmes (74% contre 48%), domination  moins grande des urbains sur les ruraux (64% contre 58%). Au niveau de l’instruction, les  auditeurs sont plus nombreux dans la  communauté post-secondaire (82%) que  dans les autres divisions académiques.  De plus, les personnes les plus âgées  sont les plus fidèles à l’écoute.  Pour ce qui concerne le niveau de vie,  les plus pauvres sont les moins nombreux  à s’abreuver quotidiennement à la radio (55% qui l’écoutent chaque jour ou plusieurs fois  par semaine). Ceci pourrait être lié qu’ils sont aussi les moins nombreux à en posséder. Tandis  que les plus nantis ne se font pas prier (67% d’écoute quotidienne ou pluri-hebdomadaire). Il faut aussi préciser que les habitants des zones urbaines ont la  même dominance sur ceux des zones rurales, tandis que les plus instruits marquent  davantage leur soif d’information comparativement aux moins instruits. En outre, les plus  nantis s’affirment comme les plus à même de recevoir les informations, contrairement à ceux  qui souffrent les affres de la pauvreté.  Cependant, s’agissant de l’âge, les résultats sont mitigés pour ce qui concerne la  radiodiffusion, la télévision, et les journaux comme sources d’information, alors que pour ce  qui est des réseaux sociaux et d’Internet, les plus jeunes sont les plus fréquents à utiliser ces  outils pour s’informer.  Ces résultats montrent à suffisance le lien entre la fréquence d’utilisation des sources  d’information et le niveau d’instruction, le niveau de vie, le milieu d’habitation, et même le  sexe des citoyens. Par ailleurs, si les jeunes Béninois s’affirment comme prédominants sur les  nouveaux modes d’information, ce qui interpelle quant au meilleur moyen de communiquer  avec cette couche de la population, la radio demeure encore la piste idoine pour toucher  l’ensemble du peuple : la radio est la première source d’informations des Béninois: 61% d’audience régulière. Télévision et réseaux sociaux complètent le podium. Un peu plus de la moitié des Béninois ont accès à la radio (51%) ; viennent ensuite la télévision et le téléphone portable connecté à Internet.

La presse écrite en perte de vitesse

Les journaux progressent timidement, contrairement à Internet, qui croît  plus vite. Les sources d’information, au fil des années, ont évolué technologiquement et se sont  diversifiées. Au Bénin, à la presse écrite d’abord coloniale puis indépendante s’est ajouté en  1957 la première station nationale de radiodiffusion, appelée aujourd’hui Radio Bénin, qui à  ce jour compte plusieurs démembrements et fait face depuis un quart de siècle à la  concurrence des privés. La télévision a vu le jour en 1978, Internet au milieu des années 1990,  et les réseaux sociaux vers le milieu des années 2000.  Face aux mutations continues des technologies, les habitudes des Béninois de  consommation d’informations sont également en évolution. Depuis sept ans, on observe une  nette progression d’Internet et des réseaux sociaux comme sources d’information dans la vie  des Béninois, tandis que les médias classiques (radiodiffusion et télévision) perdent du terrain,  selon la plus récente enquête Afrobaromètre. Cependant, malgré ces mouvements dans le  temps, la radio demeure toujours la première source d’information, loin devant la télévision,  les réseaux sociaux, Internet, et les journaux. Au Bénin, la jeunesse, le niveau d’instruction élevé, le caractère citadin et le niveau de vie élevé favorisent l’utilisation des nouveaux médias (Internet et réseaux sociaux). Il faut signaler qu’en matière de source d’information, les réseaux sociaux et Internet connaissent la plus forte progression auprès du public béninois.

L’internet, la nouvelle source d’information au Bénin

Les données de l’enquête font remarquer que malgré l’investissement fait au niveau des médias dits classiques (presse écrite, radiodiffusion,  et télévision), tant sur le plan humain que sur le plan financier avec l’implication des  autorités, Internet tend à prendre progressivement une place non-négligeable au sein de la  population qui veut s’informer.  Les outils pour s’y connecter étant différents, on dénombre actuellement un quart de la  population qui possède un téléphone avec accès à Internet. Le constat est  néanmoins fait quant à la prédominance des plus jeunes sur les autres, en termes d’usage  d’Internet via le téléphone portable, de même que les plus instruits ont davantage accès au  web via leurs téléphones que les moins instruits. Idem pour les hommes qui y ont accès plus  que les femmes, les riches plus que les pauvres, et les urbains plus que les ruraux. Les outils pour s’y connecter étant différents, on dénombre actuellement un quart de la  population qui possède un téléphone avec accès à Internet. Le constat est  néanmoins fait quant à la prédominance des plus jeunes sur les autres, en termes d’usage  d’Internet via le téléphone portable, de même que les plus instruits ont davantage accès au  web via leurs téléphones que les moins instruits. Idem pour les hommes qui y ont accès plus  que les femmes, les riches plus que les pauvres, et les urbains plus que les ruraux.  Par ailleurs, les réseaux sociaux, le web, et les journaux sont respectivement en troisième, quatrième, et  cinquième position dans le classement des sources d’information au Bénin. La dernière position occupée par la presse écrite pourrait s’expliquer du fait que selon cette enquête, jusqu’à 38% de la population n’a aucune instruction formelle, ce qui donne une idée du taux  d’alphabétisation en langue française de la population.

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